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Les édicules à Naples : mélange de sacré et de profane

2023-05-15 17:14

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Les édicules à Naples : mélange de sacré et de profane

Au XVIIIe siècle, les édicules sacrés naissent comme sources d'éclairage des ruelles napolitaines. Ensuite, ils deviennent de véritables lieux de culte, construits et restaurés p

Savez-vous quand et pourquoi naissent les édicules sacrés, à Naples ? La ville en est pleine, il y en a des milliers. Pourtant, à l'origine, ces petits autels n'étaient pas des lieux de culte, mais avaient pour fonction d'éclairer les ruelles.
L'idée fut celle d'un curé dominicain de Massa Lubrense, le Père Gregorio Maria Rocco, et elle naquit, un peu comme toutes les traditions napolitaines, d'un besoin réel : éclairer les ruelles. À l'époque, en effet, et nous parlons du XVIIIe siècle, sous la période bourbonienne, les rues étaient sombres et il y avait le danger des vols.
Le curé pensa alors à placer sur les murs quelques images de la Vierge. Il savait, en effet, que les fidèles les illumineraient avec des bougies. C'est justement à cette occasion, semble-t-il, qu'est née l'expression, devenue ensuite courante en napolitain, « C''a Maronna t'accumpagne ! », un vœu adressé à celui qui commençait son chemin de voyageur.

Le Père Rocco crée donc, en réalité, la première œuvre de street art.

Avec le temps, les édicules devinrent de véritables lieux de culte, dédiés non seulement à la Vierge, mais aussi à d'autres saints. Ces lieux de culte n'étaient pas tant pris en charge par les institutions, mais par les familles du quartier.

À Naples, la plupart des édicules portent comme date de fondation l'année 1884, car les Napolitains les ont dédiés aux saints, comme une sorte d'ex-voto, pour avoir été sauvés de l'épidémie de choléra. Beaucoup furent endommagés par les bombardements de 1943, année où la ville fut dévastée d'abord par les Américains puis par les Allemands, avant de mettre fin à la guerre en chassant les troupes allemandes lors des Quatre Journées (27 septembre - 1er octobre 1943). Elles portent aussi la date de la restauration, qui pour beaucoup d'édicules eut lieu entre 1945 et 1947. Et généralement, ceux qui paient pour la restauration sont une famille du quartier, ou bien des habitants individuels, qui signent avec leurs surnoms, comme c'est le cas pour l'une des édicules sacrées des quartiers espagnols, dont s'occupent « Titinella et Spalluzzella ».

Souvent, à l'intérieur d'une édicule, on trouve aussi les images des défunts de la famille qui l'a fait construire, afin que ces pauvres âmes soient protégées par le saint. Et on trouve aussi des ex-voto, les objets en argent que l'on laisse généralement aux saints en signe de dévotion.

Mais observons aussi la structure de ces petits autels : à quoi ressemblent-ils ? Le terme « édicule » dérive de « aedes », qui signifie « temple ». En effet, dans les anciennes domus romaines, il existait déjà ces petits temples, dédiés aux lares, entités protectrices de la maison. C'était, celui des lares et des pénates, un culte similaire à celui des divinités, mais plus intime, plus « familial ». Voilà, un peu comme les édicules sacrés.

Aujourd'hui à Naples, il existe aussi de nombreux édicules profanes, comme ceux dédiés à Maradona ou à Totò.

Il y a ensuite, parmi toutes, mon édicule préférée. C'est celle qui se trouve en face du Pallonetto Santa Chiara, à l'angle avec la via Santa Chiara. Là, les deux dimensions – sacré et profane – sont toutes deux présentes, grâce à une affiche de Pulcinella, une œuvre de street art du photographe Fabio Calvetti. Sur Instagram, son pseudo est « olossolo », ses photos d'un spectacle de Pulcinella sont sur les murs napolitains, parfaitement en harmonie avec le contexte.

Le Pulcinella de la via Santa Chiara semble s'adresser à la Vierge de l'édicule comme un mendiant, comme quelqu'un qui demande quelques pièces. Et, si vous y pensez, lorsque nous demandons quelque chose aux saints, n'adoptons-nous pas, plus ou moins, la même attitude ?


Savez-vous quand et pourquoi naissent les édicules sacrés, à Naples ? La ville en est pleine, il y en a des milliers. Pourtant, à l'origine, ces petits autels n'étaient pas des lieux de culte, mais avaient pour fonction d'éclairer les ruelles.
L'idée fut celle d'un curé dominicain de Massa Lubrense, le Père Gregorio Maria Rocco, et elle naquit, un peu comme toutes les traditions napolitaines, d'un besoin réel : éclairer les ruelles. À l'époque, en effet, et nous parlons du XVIIIe siècle, sous la période bourbonienne, les rues étaient sombres et il y avait le danger des vols.
Le curé pensa alors à placer sur les murs quelques images de la Vierge. Il savait, en effet, que les fidèles les illumineraient avec des bougies. C'est justement à cette occasion, semble-t-il, qu'est née l'expression, devenue ensuite courante en napolitain, « C''a Maronna t'accumpagne ! », un vœu adressé à celui qui commençait son chemin de voyageur.

Le Père Rocco crée donc, en réalité, la première œuvre de street art.

Avec le temps, les édicules devinrent de véritables lieux de culte, dédiés non seulement à la Vierge, mais aussi à d'autres saints. Ces lieux de culte n'étaient pas tant pris en charge par les institutions, mais par les familles du quartier.

À Naples, la plupart des édicules portent comme date de fondation l'année 1884, car les Napolitains les ont dédiés aux saints, comme une sorte d'ex-voto, pour avoir été sauvés de l'épidémie de choléra. Beaucoup furent endommagés par les bombardements de 1943, année où la ville fut dévastée d'abord par les Américains puis par les Allemands, avant de mettre fin à la guerre en chassant les troupes allemandes lors des Quatre Journées (27 septembre - 1er octobre 1943). Elles portent aussi la date de la restauration, qui pour beaucoup d'édicules eut lieu entre 1945 et 1947. Et généralement, ceux qui paient pour la restauration sont une famille du quartier, ou bien des habitants individuels, qui signent avec leurs surnoms, comme c'est le cas pour l'une des édicules sacrées des quartiers espagnols, dont s'occupent « Titinella et Spalluzzella ».

Souvent, à l'intérieur d'une édicule, on trouve aussi les images des défunts de la famille qui l'a fait construire, afin que ces pauvres âmes soient protégées par le saint. Et on trouve aussi des ex-voto, les objets en argent que l'on laisse généralement aux saints en signe de dévotion.

Mais observons aussi la structure de ces petits autels : à quoi ressemblent-ils ? Le terme « édicule » dérive de « aedes », qui signifie « temple ». En effet, dans les anciennes domus romaines, il existait déjà ces petits temples, dédiés aux lares, entités protectrices de la maison. C'était, celui des lares et des pénates, un culte similaire à celui des divinités, mais plus intime, plus « familial ». Voilà, un peu comme les édicules sacrés.

Aujourd'hui à Naples, il existe aussi de nombreux édicules profanes, comme ceux dédiés à Maradona ou à Totò.

Il y a ensuite, parmi toutes, mon édicule préférée. C'est celle qui se trouve en face du Pallonetto Santa Chiara, à l'angle avec la via Santa Chiara. Là, les deux dimensions – sacré et profane – sont toutes deux présentes, grâce à une affiche de Pulcinella, une œuvre de street art du photographe Fabio Calvetti. Sur Instagram, son pseudo est « olossolo », ses photos d'un spectacle de Pulcinella sont sur les murs napolitains, parfaitement en harmonie avec le contexte.

Le Pulcinella de la via Santa Chiara semble s'adresser à la Vierge de l'édicule comme un mendiant, comme quelqu'un qui demande quelques pièces. Et, si vous y pensez, lorsque nous demandons quelque chose aux saints, n'adoptons-nous pas, plus ou moins, la même attitude ?


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