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Les Rois de Naples sur la façade du Palais Royal

2022-02-15 11:14

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Les Rois de Naples sur la façade du Palais Royal

L'histoire de Naples pourrait se lire sur la façade de son Palais Royal : de Roger le Normand à roi Umberto, en passant par les Bourbons...

Aujourd'hui commence une nouvelle rubrique : les rois de Naples ! Les statues des rois de Naples se trouvent sur la façade du Palais Royal, sur la place du Plébiscite, et y furent installées par la volonté du roi Umberto Ier, en 1888. Le premier roi de Naples est Roger II le Normand, et c'est à lui, en effet, qu'est dédiée la première statue, œuvre d'Emilio Franceschi. Les Normands furent initialement recrutés par le duc Serge IV, en 1027, pour se libérer de la pression croissante des Lombards. Pour les récompenser, il leur donna une terre, que les Normands appelèrent "Aversa", car elle était hostile, tant à Naples qu'à Capoue. D'Aversa, ils s'étendirent rapidement, jusqu'à assiéger, en 1130, la ville de Naples. Il s'agit de Roger de Sicile, qui vainquit les derniers fidèles du duc Serge VIII et, neuf ans plus tard, reçut les clés de la ville. L'année Roger le Normand fut un roi sage, mais il imposa une organisation unitaire du royaume. Cela n'a pas permis à la classe bourgeoise napolitaine de devenir autonome, ni à la ville de Naples de se développer comme une commune libre. Pendant le règne des Normands furent construits le Castel dell'Ovo (résidence à l'époque de Roger le Normand) et le Castel Capuano (résidence suivante, voulue par Guillaume Ier le Normand, également pour concilier la nécessité d'une résidence avec celle d'une garnison militaire). Dans le prochain épisode consacré aux rois de Naples, nous parlerons du passage du pouvoir aux Souabes.

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Deuxième épisode de la rubrique des #ReDiNapoli Aujourd'hui, nous parlons des Souabes et en particulier de Frédéric II de Souabe. Sa statue sur la façade du palais royal de Naples est une œuvre d'Emanuele Caggiano. Frédéric Roger de Hohenstaufen entre à Naples car il descend par sa mère des Normands d'Hauteville. Son règne est caractérisé par un gouvernement moralisateur, les privilèges et libertés médiévales sont supprimés. Frédéric sera à plusieurs reprises entravé par l'Église, et il reçut même deux excommunications du pape Grégoire IX, qui le qualifiait d'Antéchrist. Frédéric réussit, en tout cas, à réaliser plusieurs œuvres dans le royaume : à Naples, il reconstruisit les murailles et augmenta les échanges, limitant le pouvoir de son représentant local, le "compalazzo", auquel il adjoignit une curie composée de cinq juges et huit notaires. Mais sa plus grande œuvre est sans aucun doute la fondation du Studium Generale, en 1224. Il s'agit de l'université de Naples, la première université laïque d'Italie, qui porte le nom de Frédéric II. Le règne des Souabes prendra fin en 1266, avec l'arrivée des Angevins. Le passage de pouvoir sera marqué par un événement tragique, qui restera à jamais dans la mémoire des Napolitains : la décapitation, en 1268, sur la place du Marché, de Conradin de Souabe, un garçon de seulement 14 ans. Mais des Angevins, nous parlerons dans le prochain épisode de la rubrique ! À bientôt !

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Troisième épisode de la rubrique dédiée aux #ReDiNapoli ! La troisième statue sur la façade du palais royal de Naples est dédiée à Charles d'Anjou, et c'est une œuvre de Tommaso Solari. Le souverain est représenté avec une expression féroce, et en effet, son caractère n'était certainement pas docile. Les Napolitains, après la mort de Frédéric II de Souabe, commencèrent à montrer des signes d'impatience envers l'empire, se rebellèrent contre les gouverneurs et Naples devint une commune libre sous la protection du pape Innocent IV. L'Église, profitant du mécontentement populaire, introduisit des couvents de franciscains et de dominicains dans la ville, et se servit justement du Français Charles d'Anjou, en 1266, pour éliminer aussi les dernières traces du pouvoir des gibelins. Cela se produisit en 1268, avec la décapitation de Conradin de Souabe sur la place du Marché. La capitale est transférée de Palerme à Naples, durant la période angevine de nombreuses églises seront construites à Naples, comme la cathédrale, San Lorenzo, Sant'Eligio, Santa Chiara, San Domenico, et la relation des Napolitains avec la religion sera consolidée, mais en diffusant aussi dans la population bigoterie et superstition. Des sculpteurs comme Tino da Camaino et des peintres comme Giotto et Simone Martini viendront à Naples pour travailler dans les lieux de culte. L'architecture civile fleurit également, avec la construction du Castel Nuovo, qui devint la nouvelle résidence royale des Angevins, et du Castel Sant'Elmo. Les classes moyennes de la ville tardent à émerger. Charles accentue la composante féodale, les besoins des couches les plus basses de la population ne trouvent aucun représentant dans les hautes sphères. Le mécontentement conduira, en 1282, à la révolte des vêpres en Sicile, qui anticipera l'avènement d'une nouvelle domination, celle des Aragonais, dont nous parlerons dans le prochain épisode. Charles d'Anjou fut suivi par Charles II le Boiteux, puis par Robert d'Anjou. Ce dernier fit venir à la cour des personnalités comme Francesco Petrarca, mais la floraison des arts ne s'accompagna pas d'une grande capacité de gouvernement. Les impôts étaient trop élevés, tout comme les coûts de la politique étrangère. Le brigandage, l'Inquisition, la peste de 1348 et la confusion des années suivant la mort du roi Robert et liées aux deux Jeanne accélérèrent l'entrée des Aragonais dans la ville, qui eut lieu en 1442.


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Quatrième épisode de la rubrique sur les #redinapoli ! La quatrième statue sur la façade du Palais Royal de Naples est dédiée au roi aragonais Alphonse d'Aragon, dit "le Magnanime". Il s'agit d'une œuvre d'Achille D'Orsi. Comment Alphonse d'Aragon est-il arrivé à Naples ? Sur le portail du Castel Nuovo, splendide œuvre de Pietro De Martino d'après les dessins de Francesco Laurana, est représentée l'entrée triomphale en ville d'Alphonse, transporté sur le char de la victoire. Même dans la salle des fastes aragonais, la seconde antichambre du Palais Royal, on retrouve, sur les fresques du plafond, la même scène. La réalité, cependant, est légèrement différente. Alphonse d'Aragon, après un long siège de la ville de Naples, se rendit chez une dame qui habitait dans la zone "extra moenia", une certaine "donna Ceccarella", et lui promit une rente viagère en échange d'un petit service : lui permettre d'accéder aux souterrains napolitains, en entrant par le puits du jardin. Il le fit ainsi, et déboucha, à travers les galeries de l'aqueduc, à l'intérieur des murs. Son entrée à Naples, donc, fut tout sauf triomphale, et ressemblait plutôt à celle d'un rat d'égout. Durant le règne d'Alphonse, la politique étrangère fleurit, Naples était le centre du vaste domaine méditerranéen. La production de laine et de soie se développa. Parallèlement, l'art et la littérature vécurent un moment particulièrement florissant. Il suffit de penser à des personnages comme le Panormita et Giovanni Pontano, ou comme le Pinturicchio et le Pérugin, qui travaillèrent à Naples à cette époque. La politique d'Alphonse fut cependant orientée à favoriser les barons et il élimina le siège du peuple ; en outre, le souverain était très religieux - il se vantait d'avoir lu la Bible en entier pas moins de quarante fois - et rechercha une alliance dévote avec le pontife romain, également pour vaincre les Angevins et les Turcs. Le faste et le luxe des fêtes compromettaient la situation économique du royaume, et la faveur d'Alphonse continuait à pencher vers les barons et les féodaux, auxquels il accorda divers privilèges, se sentant menacé par la menace de rébellions. Les féodaux faisaient la loi dans les campagnes, agissaient avec arrogance, ce qui provoquait l'indignation des marchands venus d'autres régions d'Italie qui visitaient le royaume. Le développement de la marine resta pratiquement à l'arrêt, à l'époque aragonaise. Après Alphonse le Magnanime vint Ferrante, qui tenta de gagner la confiance des Napolitains avec une politique axée sur la promotion culturelle et urbanistique de la ville, bien qu'il fût un homme indifférent à la culture. Ferrante se consacra au développement de l'artisanat, faisant venir à la cour de toute l'Italie les plus grands soyeux, orfèvres et maroquiniers, et entoura Naples de vingt-deux tours cylindriques, l'assainit et améliora l'administration de la justice. Contre lui, cependant, les barons conspirèrent, motivés par l'alourdissement des impôts, ils se réunirent dans la fameuse conjuration, en 1485. Ferrante les découvrit et les fit exécuter ou les envoya en exil en France l'année suivante. La domination aragonaise était, à cette époque, minée par les grandes puissances européennes, qui se disputaient le territoire italien. Après la mort de Ferrante, la couronne passa en quelques années à Alphonse II puis à Ferrantino, fut ensuite menacée par Charles VIII, roi de France, appartenant à la maison d'Anjou, appelé en Italie par Ludovico le More. La menace française écartée, Ferrantino fut rappelé, et après lui la couronne alla encore à Frédéric III, le dernier des Aragonais, qui tenta de gouverner avec intelligence et prudence. La domination aragonaise à Naples prendra fin, cependant, en 1503, lorsque Ferdinand le Catholique conquerra le royaume grâce à Don Consalvo de Cordoba, et Naples sera réduite à une province périphérique dans l'immense empire espagnol. Mais nous en parlerons dans le prochain épisode...

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Cinquième épisode de la rubrique sur les #redinapoli ! La cinquième statue sur la façade du palais royal de Naples est dédiée à Charles Quint et est l'œuvre de Vincenzo Gemito. Charles hérita en 1506 du royaume de Castille et des terres du Nouveau Monde de son père Philippe le Beau de Habsbourg, archiduc d'Autriche et seigneur des Pays-Bas. Charles n'avait alors que six ans, et donc le royaume sera administré par son grand-père maternel, Ferdinand le Catholique, jusqu'à sa majorité. Le 28 juin 1519, il fut élu empereur du Saint-Empire romain germanique sous le nom de Charles Quint et en 1529, après la bataille de Pavie et le sac de Rome, il imposa la paix de Cambrai à la France et celle de Barcelone au pontife, affirmant ainsi sa domination aussi en Italie, et recevant, l'année suivante, la couronne de fer de roi d'Italie et la couronne impériale du pape Clément VII. L'empire de Charles Quint comprenait une grande partie de la péninsule italienne : Naples, Palerme, Cagliari, Milan, Gênes, Florence et les capitales des duchés de la plaine du Pô et était basé sur une idée de paix universelle, garantie par le christianisme. Naples perd son rôle de capitale et décline au rang de province, le gouvernement est confié aux vice-rois espagnols. Le premier, et le plus important, est certainement Don Pedro de Tolède, qui régna à Naples pendant vingt ans, de 1532 à 1553. Don Pedro mit en œuvre un véritable plan d'urbanisme à Naples : il construisit la rue qui porte son nom, installant les troupes espagnoles dans le quartier de Montecalvario, dans ce qui fut ensuite appelé les "quartiers espagnols". Il étendit l'enceinte jusqu'au Vomero et à Chiaia, et restaura certaines des forteresses napolitaines, comme le Castel Sant'Elmo, qui prit la forme d'une étoile à six branches, la même que nous voyons aujourd'hui. À Pedro de Tolède on doit aussi l'institution du tribunal de la Vicaria, qui en dix-huit ans envoya à la potence environ dix-huit mille vauriens indigènes, et celle des Monts de Piété (organismes formés par , que le vice-roi instaure pour pallier le problème de la multitude d'usuriers juifs dans la ville. La politique envers les barons fut généralement sévère : ceux-ci avaient été réduits à de simples propriétaires terriens, et vivaient souvent de rente, loin des fiefs, dissipant leur patrimoine dans le faste et le luxe, mais Pedro de Tolède mit en œuvre une série de pragmatiques contre eux, pour combattre les abus dans les domaines commercial et juridique. Malheureusement, cependant, la corruption sévissait aussi parmi les magistrats, et donc les actions punitives des vice-rois étaient souvent sans effet. La criminalité et l'usure se répandirent facilement dans la ville. La politique menée par les vice-rois était beaucoup moins sévère, en outre, envers leurs propres soldats espagnols, qui instaurèrent avec la plèbe napolitaine des rapports de promiscuité, leur transmettant tant les défauts espagnols - comme le langage grossier et la superstition - que les maladies. De nombreux termes d'origine espagnole dans le dialecte napolitain remontent justement à cette période. Couvents et églises pullulèrent, et malgré l'interdiction - à partir de 1566 - de construire en dehors des murs, en raison de la croissance démographique démesurée, des noyaux d'habitation se formèrent à Mergellina, aux Vergini, à Sant'Antonio Abate, à l'Avvocata et dans d'autres bourgs napolitains. Même après la mort de Pedro de Tolède, en réalité, pour Naples vint une période loin d'être florissante. Au cours du XVIIe siècle, les arts fleurirent, avec le baroque napolitain et la présence d'artistes comme Cosimo Fanzago et Michelangelo Merisi da Caravaggio à Naples, mais la plèbe vécut une situation de misère prolongée, aggravée aussi par les nombreuses épidémies de peste. GuzmánGuzmánEn 1643, par l'œuvre du vice-roi Ramiro de Guzmán, qui épousa la noble Anna Carafa, les rampes de Sant'Antonio à Posillipo, reliant la colline à la ville basse, furent rendues carrossables, précisément là où se trouvait le palais Donn'Anna, construit par Cosimo Fanzago pour Anna Carafa. Quelques années plus tard, en 1647, le peuple napolitain, incité par le jeune Masaniello, se soulèvera dans une révolte populaire, à cause d'une taxe sur les fruits, donc sur un bien de première nécessité. À la révolte de Masaniello succéda la terrible peste de 1656, qui, en plus de décimer la population, fit naître, à Naples, le "culte des capuzzelle". Le XVIIIe siècle marqua la fin de la période vice-royale et introduisit la dynastie bourbonienne, qui régna jusqu'à l'unité de l'Italie. Avant l'arrivée des Bourbons à Naples, il y aura une parenthèse (de 1707 à 1734) de domination autrichienne, peu significative pour la ville. La suite, nous la découvrirons dans le prochain épisode...

(Source : "L'histoire de Naples" d'Antonio Ghirelli)

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Aujourd'hui commence une nouvelle rubrique : les rois de Naples ! Les statues des rois de Naples se trouvent sur la façade du Palais Royal, sur la place du Plébiscite, et y furent placées par la volonté du roi Umberto Ier, en 1888. Le premier roi de Naples est Roger II le Normand, et c'est à lui qu'est dédiée la première statue, œuvre d'Emilio Franceschi. Les Normands furent initialement recrutés par le duc Serge IV, en 1027, pour se libérer de la pression croissante des Lombards. Pour les récompenser, il leur donna une terre, que les Normands appelèrent "Aversa", car hostile, aussi bien à Naples qu'à Capoue. Depuis Aversa, ils s'étendirent rapidement, jusqu'à assiéger, en 1130, la ville de Naples. Il s'agit de Roger de Sicile, qui écrasa les derniers fidèles du duc Serge VIII et, neuf ans plus tard, reçut les clés de la ville. L'année Roger le Normand fut un roi sage, qui imposa cependant une organisation unitaire du royaume. Cela n'a pas permis à la classe bourgeoise napolitaine de devenir autonome, ni à la ville de Naples de se développer comme une commune libre. Sous le règne des Normands furent construits le Castel dell'Ovo (résidence à l'époque de Roger le Normand) et le Castel Capuano (résidence suivante, voulue par Guillaume Ier le Normand, également pour concilier la nécessité d'une résidence avec celle d'une garnison militaire). Dans le prochain épisode consacré aux rois de Naples, nous parlerons du passage du pouvoir aux Souabes. *************************************************************************************Deuxième épisode de la rubrique des #ReDiNapoli Aujourd'hui, nous parlons des Souabes et en particulier de . Sa statue sur la façade du palais royal de Naples est une œuvre d'Emanuele Caggiano. Frédéric Roger de Hohenstaufen entre à Naples car il descend par sa mère des Normands d'Hauteville. Son règne est caractérisé par un gouvernement moralisateur, les privilèges et libertés médiévales sont supprimés. Frédéric sera plusieurs fois entravé par l'Église, et il reçut même deux excommunications du pape Grégoire IX, qui le qualifiait d'Antéchrist. Frédéric réussit, en tout cas, à réaliser diverses œuvres dans le royaume : à Naples, il reconstruisit les murailles et augmenta les échanges, limitant le pouvoir de son représentant local, le "compalazzo", auquel il adjoignit une curie composée de cinq juges et huit notaires. Mais sa plus grande œuvre est sans aucun doute la fondation du Studium Generale, en 1224. Il s'agit de l'université de Naples, la première université laïque d'Italie, qui prend le nom de Frédéric II. Le règne des Souabes prendra fin en 1266, avec l'arrivée des Angevins. Le passage de pouvoir sera marqué par un événement tragique, qui restera à jamais dans la mémoire des Napolitains : la décapitation, en 1268, sur la place du Marché, de Conradin de Souabe, un garçon de seulement 14 ans. Mais des Angevins, nous parlerons dans le prochain épisode de la rubrique ! À bientôt ! ***************************************************************************************Troisième épisode de la rubrique dédiée aux #ReDiNapoli ! La troisième statue sur la façade du palais royal de Naples est dédiée à , et c'est une œuvre de Tommaso Solari. Le souverain est représenté avec une expression féroce, et en effet, son caractère n'était certainement pas docile. Les Napolitains, après la mort de Frédéric II de Souabe, commencèrent à montrer des signes d'impatience envers l'empire, se rebellèrent contre les gouverneurs et Naples devint une commune libre sous la protection du pape Innocent IV. L'Église, profitant du mécontentement populaire, introduisit des couvents de franciscains et de dominicains dans la ville, et se servit justement du Français Charles d'Anjou, en 1266, pour éliminer aussi les dernières traces du pouvoir des gibelins. Cela eut lieu en 1268, avec la décapitation de Conradin de Souabe sur la place du Marché. La capitale est transférée de Palerme à Naples, durant la période angevine de nombreuses églises seront construites à Naples, comme la cathédrale, San Lorenzo, Sant'Eligio, Santa Chiara, San Domenico, et la relation des Napolitains avec la religion sera consolidée, mais en diffusant aussi dans la population la bigoterie et la superstition. Des sculpteurs comme Tino da Camaino et des peintres comme Giotto et Simone Martini viendront à Naples pour travailler dans les lieux de culte. L'architecture civile fleurit également, avec la construction du Castel Nuovo, qui devint la nouvelle résidence royale des Angevins, et du Castel Sant'Elmo. Les classes moyennes de la ville tardent à émerger. Charles accentue la composante féodale, les besoins des couches les plus basses de la population ne trouvent aucun représentant dans les hautes sphères. Le mécontentement conduira, en 1282, à la révolte des vêpres en Sicile, qui précédera l'avènement d'une nouvelle domination, celle des Aragonais, dont nous parlerons dans le prochain épisode. Charles d'Anjou fut suivi par Charles II le Boiteux, puis par Robert d'Anjou. Ce dernier fit venir à la cour des personnalités comme Francesco Petrarca, mais la floraison des arts ne s'accompagna pas d'une grande capacité de gouvernement. Les impôts étaient trop élevés, tout comme les coûts de la politique étrangère. Le brigandage, l'Inquisition, la peste de 1348 et la confusion des années suivant la mort du roi Robert et liées aux deux Jeanne accélérèrent l'entrée des Aragonais dans la ville, qui eut lieu en 1442.***************************************************************************************Quatrième épisode de la rubrique sur les #redinapoli !La quatrième statue sur la façade du Palais Royal à Naples est dédiée au roi aragonais , dit "Le Magnanime". Il s'agit d'une œuvre d'Achille D'Orsi.Comment Alphonse d'Aragon arriva-t-il à Naples ? Sur le portail du Castel Nuovo, splendide œuvre de Pietro De Martino d'après les dessins de Francesco Laurana, est représentée l'entrée triomphale en ville d'Alphonse, transporté sur le char de la victoire. Même dans la salle des fastes aragonais, la seconde antichambre du Palais Royal, on retrouve, sur les fresques du plafond, la même scène.La réalité, cependant, est légèrement différente. Alphonse d'Aragon, après un long siège de la ville de Naples, se rendit chez une dame qui habitait dans la zone "extra moenia", une certaine "donna Ceccarella", et lui promit une rente à vie en échange d'un petit service : lui permettre d'accéder aux souterrains napolitains, en entrant par le puits du jardin. Il le fit, et ressortit, à travers les galeries de l'aqueduc, à l'intérieur des murs. Son entrée à Naples fut donc tout sauf triomphale, et plus semblable à celle d'un rat d'égout. Sous le règne d'Alphonse, la politique étrangère fleurit, Naples était le centre du vaste domaine méditerranéen. La production de laine et de soie se développa. En même temps, l'art et la littérature vécurent un moment particulièrement florissant. Il suffit de penser à des personnages comme le Panormite et Giovanni Pontano, ou comme le Pinturicchio et le Pérugin, qui travaillèrent à Naples à cette époque. La politique d'Alphonse fut cependant orientée à favoriser les barons et il élimina le siège du peuple ; de plus, le souverain était très religieux - pensez qu'il se vantait d'avoir lu la Bible en entier pas moins de quarante fois - et il rechercha une alliance dévote avec le pontife romain, également pour vaincre les Angevins et les Turcs.Le faste et le luxe des fêtes compromettaient la situation économique du royaume, et la faveur d'Alphonse continuait à pencher vers les barons et les féodaux, auxquels il accorda divers privilèges, se sentant menacé par la menace de rébellions. Les féodaux faisaient la loi dans les campagnes, agissaient avec arrogance, et cela provoquait l'indignation des marchands venant d'autres régions d'Italie qui visitaient le royaume. Le développement de la marine resta pratiquement à l'arrêt, à l'époque aragonaise. À Alphonse le Magnanime succéda Ferrante, qui tenta de gagner la confiance des Napolitains avec une politique axée sur la promotion culturelle et urbanistique de la ville, bien qu'il fût un homme indifférent à la culture. Ferrante se consacra au développement de l'artisanat, appelant à la cour de toute l'Italie les plus grands soyeux, orfèvres et tanneurs, et entoura Naples de vingt-deux tours cylindriques, l'assainit et améliora l'administration de la justice. Contre lui, cependant, conspirèrent les barons, qui, motivés par l'aggravation des impôts, se réunirent dans la fameuse conjuration, en 1485. Ferrante les découvrit et les fit exécuter ou les envoya en exil en France l'année suivante.La domination aragonaise était, à cette époque, minée par les grandes puissances européennes, qui se disputaient le territoire italien. Après la mort de Ferrante, la couronne passa en quelques années à Alphonse II puis à Ferrantino, elle fut ensuite menacée par Charles VIII, roi de France, appartenant à la maison des Angevins, appelé à l'aide en Italie par Ludovico le More. La menace française écartée, Ferrantino fut rappelé, et après lui la couronne alla encore à Frédéric III, le dernier des Aragonais, qui tenta de gouverner avec intelligence et prudence.La domination aragonaise à Naples prendra fin, cependant, en 1503, lorsque Ferdinand le Catholique conquit le royaume grâce à Don Consalvo de Cordoba, et Naples sera réduite à une province périphérique dans l'immense empire espagnol.Mais nous parlerons de cela dans le prochain épisode...************************************************************************************Cinquième épisode de la rubrique sur les #redinapoli ! La cinquième statue sur la façade du palais royal de Naples est dédiée à et est l'œuvre de Vincenzo Gemito. Charles hérita en 1506 du royaume de Castille et des terres du Nouveau Monde de son père Philippe de Habsbourg le Beau, archiduc d'Autriche et seigneur des Pays-Bas. Charles n'avait que six ans à l'époque, et donc le royaume sera administré par son grand-père maternel, Ferdinand le Catholique, jusqu'à sa majorité. Le 28 juin 1519, il fut élu empereur du Saint-Empire romain germanique sous le nom de Charles Quint et en 1529, après la bataille de Pavie et le sac de Rome, il imposa la paix de Cambrai à la France et celle de Barcelone au pontife, affirmant sa domination aussi en Italie, et recevant, l'année suivante, la couronne de fer de roi d'Italie et la couronne impériale du pape Clément VII. L'empire de Charles Quint comprenait une grande partie de la péninsule italienne : Naples, Palerme, Cagliari, Milan, Gênes, Florence et les capitales des duchés de la plaine du Pô et était basé sur une idée de paix universelle, garantie par le christianisme. Naples perd son rôle de capitale et décline à celui de province, le gouvernement est confié aux vice-rois espagnols. Le premier, et le plus important, est certainement Don Pedro de Tolède, qui régna à Naples pendant vingt ans, de 1532 à 1553. Don Pedro mit en œuvre un véritable plan d'urbanisme à Naples : il construisit la rue qui porte son nom, installant les troupes espagnoles dans le quartier de Montecalvario, dans ce qui fut ensuite appelé les "quartiers espagnols". Il étendit l'enceinte jusqu'au Vomero et à Chiaia, et restaura certaines des forteresses napolitaines, comme le Castel Sant'Elmo, qui prit la forme d'une étoile à six branches, la même que nous voyons aujourd'hui. À Pedro de Tolède on doit aussi l'institution du tribunal de la Vicaria, qui en dix-huit ans envoya à la potence environ dix-huit mille vauriens indigènes, et celle des Monts de Piété (organismes formés par , que le vice-roi instaure pour pallier le problème de la multitude d'usuriers juifs dans la ville. La politique envers les barons fut généralement sévère : ceux-ci avaient été réduits à de simples propriétaires terriens, et vivaient souvent de leurs rentes, loin des fiefs, dissipant leur patrimoine dans le faste et le luxe, mais Pedro de Tolède mit en œuvre une série de pragmatiques contre eux, pour combattre les abus dans les domaines commercial et juridique. Malheureusement, cependant, la corruption régnait aussi parmi les magistrats, et donc les actions punitives des vice-rois étaient souvent sans effet. La criminalité et l'usure se répandirent facilement dans la ville. La politique menée par les vice-rois était beaucoup moins sévère, en outre, envers leurs propres soldats espagnols, qui instaurèrent avec la plèbe napolitaine des rapports de promiscuité, les contaminant aussi bien des défauts espagnols - comme le langage grossier et la superstition - que des maladies. Beaucoup de termes d'origine espagnole dans le dialecte napolitain remontent justement à cette période. Couvents et églises pullulèrent, et malgré l'interdiction - à partir de 1566 - de construire en dehors des murs, à cause de la croissance démographique démesurée, des noyaux d'habitation se formèrent à Mergellina, aux Vergini, à Sant'Antonio Abate, à l'Avvocata et dans d'autres bourgs napolitains. Même après la mort de Pedro de Tolède, en réalité, pour Naples vint une période loin d'être florissante. Au cours du XVIIe siècle, les arts fleurirent, avec le baroque napolitain et la présence d'artistes comme Cosimo Fanzago et Michelangelo Merisi da Caravaggio à Naples, mais la plèbe vécut une situation de misère prolongée, aggravée aussi par les nombreuses épidémies de peste. GuzmánGuzmánEn 1643, par l'œuvre du vice-roi Ramiro de Guzmán, qui épousa la noble Anna Carafa, les rampes de Sant'Antonio à Posillipo, reliant la colline à la ville basse, furent rendues carrossables, précisément là où se trouvait le palais Donn'Anna, construit par Cosimo Fanzago pour Anna Carafa. Quelques années plus tard, en 1647, le peuple napolitain, incité par le jeune Masaniello, se soulèvera dans une révolte populaire, à cause d'une taxe sur les fruits, donc sur un bien de première nécessité. À la révolte de Masaniello suivit la terrible peste de 1656, qui, en plus de décimer la population, fit naître, à Naples, le "culte des capuzzelle". Le XVIIIe siècle apporta la fin de la période vice-royale et introduisit la dynastie bourbonienne, qui régna jusqu'à l'unité de l'Italie. Avant l'arrivée des Bourbons à Naples, il y aura une parenthèse (de 1707 à 1734) de domination autrichienne, peu significative pour la ville. La suite, nous la découvrirons dans le prochain épisode... (Source : "L'histoire de Naples" d'Antonio Ghirelli)

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Aujourd'hui commence une nouvelle rubrique : les rois de Naples ! Les statues des rois de Naples se trouvent sur la façade du Palais Royal, sur la place du Plébiscite, et furent installées là par la volonté du roi Umberto Ier, en 1888. Le premier roi de Naples est Roger II le Normand, et c'est à lui, en effet, qu'est dédiée la première statue, œuvre d'Emilio Franceschi. Les Normands furent initialement recrutés par le duc Serge IV, en 1027, pour se libérer de la pression croissante des Lombards. Pour les récompenser, il leur donna une terre, que les Normands appelèrent "Aversa", car hostile, tant à Naples qu'à Capoue. Depuis Aversa, ils s'étendirent rapidement, jusqu'à assiéger, en 1130, la ville de Naples. Il s'agit de Roger de Sicile, qui anéantit les derniers fidèles du duc Serge VIII et, neuf ans plus tard, reçoit les clés de la ville. L'année Roger le Normand fut un roi sage, qui imposa cependant une organisation unitaire du royaume. Cela n'a pas permis à la classe bourgeoise napolitaine de devenir autonome, ni à la ville de Naples de s'épanouir en tant que commune libre. Sous le règne des Normands furent construits le Castel dell'Ovo (résidence à l'époque de Roger le Normand) et le Castel Capuano (résidence suivante, voulue par Guillaume Ier le Normand, également pour concilier la nécessité d'une résidence avec celle d'une garnison militaire). Dans le prochain épisode consacré aux rois de Naples, nous parlerons du passage du pouvoir aux Souabes. *************************************************************************************Deuxième épisode de la rubrique des #ReDiNapoli Aujourd'hui, nous parlons des Souabes et en particulier de . Sa statue sur la façade du palais royal de Naples est une œuvre d'Emanuele Caggiano. Frédéric Roger de Hohenstaufen entre à Naples car il descend par sa mère des Normands d'Hauteville. Son règne est caractérisé par un gouvernement moralisateur, les privilèges et libertés médiévales sont supprimés. Frédéric sera plusieurs fois entravé par l'Église, et reçut même deux excommunications du pape Grégoire IX, qui le qualifiait d'antéchrist. Frédéric réussit, en tout cas, à réaliser plusieurs œuvres dans le royaume : à Naples, il reconstruisit les murailles et augmenta les échanges, limitant le pouvoir de son représentant local, le "compalazzo", auquel il adjoignit une curie composée de cinq juges et huit notaires. Mais sa plus grande œuvre est sans doute la fondation du Studium Generale, en 1224. Il s'agit de l'université de Naples, la première université laïque d'Italie, qui prend le nom de Frédéric II. Le règne des Souabes prendra fin en 1266, avec l'arrivée des Angevins. Le passage de pouvoir sera marqué par un événement tragique, qui restera à jamais dans la mémoire des Napolitains : la décapitation, en 1268, sur la place du Marché, de Conradin de Souabe, un garçon de seulement 14 ans. Mais des Angevins, nous parlerons dans le prochain épisode de la rubrique ! À bientôt ! ***************************************************************************************Troisième épisode de la rubrique dédiée aux #ReDiNapoli ! La troisième statue sur la façade du palais royal de Naples est dédiée à , et c'est une œuvre de Tommaso Solari. Le souverain est représenté avec une expression féroce, et en effet, son caractère n'était certainement pas docile. Les Napolitains, après la mort de Frédéric II de Souabe, commencèrent à montrer des signes d'impatience envers l'empire, se rebellèrent contre les gouverneurs et Naples devint une commune libre sous la protection du pape Innocent IV. L'Église, profitant du mécontentement populaire, introduisit des couvents de franciscains et de dominicains dans la ville, et se servit justement du Français Charles d'Anjou, en 1266, pour éliminer aussi les dernières traces du pouvoir des gibelins. Cela eut lieu en 1268, avec la décapitation de Conradin de Souabe sur la place du Marché. La capitale est transférée de Palerme à Naples, à l'époque angevine de nombreuses églises seront construites à Naples, comme la cathédrale, San Lorenzo, Sant'Eligio, Santa Chiara, San Domenico, et la relation des Napolitains avec la religion sera consolidée, diffusant cependant dans la population aussi la bigoterie et la superstition. Des sculpteurs comme Tino da Camaino et des peintres comme Giotto et Simone Martini viendront à Naples pour travailler dans les lieux de culte. L'architecture civile fleurit également, avec la construction du Castel Nuovo, qui devint la nouvelle résidence royale des Angevins, et du Castel Sant'Elmo. Les classes moyennes de la ville tardent à émerger. Charles accentue la composante féodale, les besoins des couches les plus basses de la population ne trouvent aucun représentant dans les hautes sphères. Le mécontentement conduira, en 1282, à la révolte des vêpres en Sicile, qui anticipera l'avènement d'une nouvelle domination, celle des Aragonais, dont nous parlerons dans le prochain épisode. Charles d'Anjou fut suivi par Charles II le Boiteux, puis par Robert d'Anjou. Ce dernier fit venir à la cour des personnalités comme Francesco Petrarca, mais la floraison des arts ne s'accompagna pas d'une grande capacité de gouvernance. Les impôts étaient trop élevés, tout comme les coûts de la politique étrangère. Le brigandage, l'Inquisition, la peste de 1348 et la confusion des années suivant la mort du roi Robert et liées aux deux Jeanne accélérèrent l'entrée des Aragonais dans la ville, qui eut lieu en 1442.***************************************************************************************Quatrième épisode de la rubrique sur les #redinapoli !La quatrième statue sur la façade du Palais Royal à Naples est dédiée au roi aragonais , dit "Le Magnanime". Il s'agit d'une œuvre d'Achille D'Orsi.Comment Alphonse d'Aragon arriva-t-il à Naples ? Sur le portail du Castel Nuovo, splendide œuvre de Pietro De Martino d'après les dessins de Francesco Laurana, est représentée l'entrée triomphale en ville d'Alphonse, transporté sur le char de la victoire. Même dans la salle des fastes aragonais, la seconde antichambre du Palais Royal, on retrouve, sur les fresques du plafond, la même scène.La réalité, cependant, est légèrement différente. Alphonse d'Aragon, après un long siège de la ville de Naples, se rendit chez une dame qui habitait dans la zone "extra moenia", une certaine "donna Ceccarella", et lui promit une rente à vie en échange d'un petit service : lui permettre d'accéder aux souterrains napolitains, en entrant par le puits du jardin. Il le fit ainsi, et déboucha, à travers les galeries de l'aqueduc, à l'intérieur des murs. Son entrée à Naples fut donc tout sauf triomphale, et plus semblable à celle d'un rat d'égout. Sous le règne d'Alphonse, la politique étrangère fleurit, Naples était le centre du vaste domaine méditerranéen. La production de laine et de soie se développa. En même temps, l'art et la littérature vécurent un moment particulièrement florissant. Il suffit de penser à des personnages tels que le Panormita et Giovanni Pontano, ou comme le Pinturicchio et le Pérugin, qui travaillèrent à Naples à cette époque. La politique d'Alphonse cependant était orientée à favoriser les barons et il élimina le siège du peuple ; de plus, le souverain était très religieux - il se vantait d'avoir lu la Bible en entier pas moins de quarante fois - et rechercha une alliance dévote avec le pontife romain, également pour vaincre les Angevins et les Turcs.Le faste et le luxe des fêtes compromettaient la situation économique du royaume, et la faveur d'Alphonse continuait à pencher vers les barons et les féodaux, auxquels il accorda divers privilèges, se sentant menacé par la menace de rébellions. Les féodaux faisaient la loi dans les campagnes, agissaient avec arrogance, et cela provoquait l'indignation des marchands venant d'autres régions d'Italie qui visitaient le royaume. Le développement de la marine resta pratiquement à l'arrêt, à l'époque aragonaise. À Alphonse le Magnanime succéda Ferrante, qui chercha à gagner la confiance des Napolitains avec une politique axée sur la promotion culturelle et urbanistique de la ville, bien qu'il fût un homme indifférent à la culture. Ferrante se consacra au développement de l'artisanat, faisant venir à la cour de toute l'Italie les plus grands soyeux, orfèvres et maroquiniers, et entoura Naples de vingt-deux tours cylindriques, l'assainit et améliora l'administration de la justice. Contre lui, cependant, conspirèrent les barons, qui, motivés par l'alourdissement des impôts, se réunirent dans la fameuse conjuration, en 1485. Ferrante les découvrit et les fit exécuter ou les envoya en exil en France l'année suivante.La domination aragonaise était, à cette époque, minée par les grandes puissances européennes, qui se disputaient le territoire italien. Après la mort de Ferrante, la couronne passa en quelques années à Alphonse II puis à Ferrantino, elle fut ensuite menacée par Charles VIII, roi de France, appartenant à la maison des Angevins, appelé à l'aide en Italie par Ludovic le More. La menace française écartée, Ferrantino fut rappelé, et après lui la couronne alla encore à Frédéric III, le dernier des Aragonais, qui tenta de gouverner avec intelligence et prudence.La domination aragonaise à Naples prendra fin, cependant, en 1503, lorsque Ferdinand le Catholique conquérira le royaume grâce à Don Consalvo de Cordoba, et Naples sera réduite à une province périphérique dans l'immense empire espagnol.Mais nous parlerons de cela dans le prochain épisode...************************************************************************************Cinquième épisode de la rubrique sur les #redinapoli ! La cinquième statue sur la façade du palais royal de Naples est dédiée à et est l'œuvre de Vincenzo Gemito. Charles hérita en 1506 du royaume de Castille et des terres du Nouveau Monde de son père Philippe de Habsbourg le Beau, archiduc d'Autriche et seigneur des Pays-Bas. Charles n'avait que six ans à l'époque, et donc le royaume fut administré par son grand-père maternel, Ferdinand le Catholique, jusqu'à sa majorité. Le 28 juin 1519, il fut élu empereur du Saint-Empire romain germanique sous le nom de Charles Quint et en 1529, après la bataille de Pavie et le sac de Rome, il imposa la paix de Cambrai à la France et celle de Barcelone au pontife, affirmant sa domination aussi en Italie, et recevant, l'année suivante, la couronne de fer de roi d'Italie et la couronne impériale du pape Clément VII. L'empire de Charles Quint comprenait une grande partie de la péninsule italienne : Naples, Palerme, Cagliari, Milan, Gênes, Florence et les capitales des duchés de la plaine du Pô et était basé sur une idée de paix universelle, garantie par le christianisme. Naples perd le rôle de capitale et décline à celui de province, le gouvernement est confié aux vice-rois espagnols. Le premier, et le plus important, est certainement Don Pedro de Tolède, qui régna à Naples pendant vingt ans, de 1532 à 1553. Don Pedro mit en œuvre un véritable plan urbanistique à Naples : il construisit la rue qui porte son nom, installant les troupes espagnoles dans le quartier de Montecalvario, dans ce qui fut ensuite appelé les "quartiers espagnols". Il étendit l'enceinte jusqu'au Vomero et à Chiaia, et restaura certaines des forteresses napolitaines, comme le Castel Sant'Elmo, qui prit la forme d'une étoile à six branches, la même que nous voyons aujourd'hui. À Pedro de Tolède on doit aussi l'institution du tribunal de la Vicaria, qui en dix-huit ans envoya à la potence environ dix-huit mille vauriens indigènes, et celle des Monts de Piété (organismes formés par , que le vice-roi instaure pour pallier le problème de la multitude d'usuriers juifs dans la ville. La politique envers les barons fut généralement sévère : ceux-ci étaient réduits à de simples propriétaires terriens, et vivaient souvent de leurs rentes, loin des fiefs, dissipant leur patrimoine dans le faste et le luxe, mais Pedro de Tolède promulgua une série de pragmatiques contre eux, pour combattre les abus dans le domaine commercial et juridique. Malheureusement, cependant, la corruption sévissait aussi parmi les magistrats, et donc les actions punitives des vice-rois étaient souvent inefficaces. Criminalité et usure se répandirent facilement dans la ville. La politique menée par les vice-rois était beaucoup moins sévère, en outre, envers leurs propres soldats espagnols, qui instaurèrent avec la plèbe napolitaine des rapports de promiscuité, les contaminant tant des défauts espagnols - comme le langage grossier et la superstition - que des maladies. De nombreux termes d'origine espagnole dans le dialecte napolitain remontent justement à cette période. Couvents et églises pullulèrent, et malgré l'interdiction - à partir de 1566 - de construire hors des murs, en raison de la croissance démographique démesurée, des noyaux d'habitation se formèrent à Mergellina, aux Vergini, à Sant'Antonio Abate, à l'Avvocata et dans d'autres bourgs napolitains. Même après la mort de Pedro de Tolède, en réalité, pour Naples vint une période loin d'être florissante. Au cours du XVIIe siècle, les arts fleurirent, avec le baroque napolitain et la présence d'artistes comme Cosimo Fanzago et Michelangelo Merisi da Caravaggio à Naples, mais la plèbe vécut une situation de misère prolongée, aggravée aussi par les nombreuses épidémies de peste. GuzmánGuzmánEn 1643, par l'œuvre du vice-roi Ramiro de Guzmán, qui épousa la noble Anna Carafa, les rampes de Sant'Antonio à Posillipo furent rendues carrossables, reliant la colline à la ville basse, là même où se trouvait le palais Donn'Anna, construit par Cosimo Fanzago pour Anna Carafa. Quelques années plus tard, en 1647, le peuple napolitain, incité par le jeune Masaniello, s'unira dans une révolte populaire, à cause d'une taxe sur les fruits, donc sur un bien de première nécessité. À la révolte de Masaniello suivit la terrible peste de 1656, qui, en plus de décimer la population, fit naître, à Naples, le "culte des capuzzelle". Le XVIIIe siècle apporta la fin de la période vice-royale et introduisit la dynastie bourbonienne, qui régna jusqu'à l'unité de l'Italie. Avant l'arrivée des Bourbons à Naples, il y aura une parenthèse (de 1707 à 1734) de domination autrichienne, peu significative pour la ville. La suite, nous la découvrirons dans le prochain épisode... (Source : "L'histoire de Naples" d'Antonio Ghirelli)

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Aujourd'hui commence une nouvelle rubrique : les rois de Naples ! Les statues des rois de Naples se trouvent sur la façade du Palais Royal, sur la place du Plébiscite, et y furent installées par la volonté du roi Umberto Ier, en 1888. Le premier roi de Naples est Roger II le Normand, et c’est à lui, en effet, qu’est dédiée la première statue, œuvre d’Emilio Franceschi. Les Normands furent initialement recrutés par le duc Serge IV, en 1027, pour se libérer de la pression croissante des Lombards. Pour les récompenser, il leur donna une terre, que les Normands appelèrent "Aversa", car elle était hostile, tant à Naples qu’à Capoue. D’Aversa, ils s’étendirent rapidement, jusqu’à assiéger, en 1130, la ville de Naples. Il s’agit de Roger de Sicile, qui écrasa les derniers fidèles du duc Serge VIII et, neuf ans plus tard, reçut les clés de la ville. L’année Roger le Normand fut un roi sage, qui imposa cependant une organisation unitaire du royaume. Cela n’a pas permis à la classe bourgeoise napolitaine de devenir autonome, ni à la ville de Naples de s’épanouir comme commune libre. Pendant le règne des Normands furent construits le Castel dell’Ovo (résidence à l’époque de Roger le Normand) et le Castel Capuano (résidence suivante, voulue par Guillaume Ier le Normand, également pour concilier la nécessité d’une résidence avec celle d’une garnison militaire). Dans le prochain épisode consacré aux rois de Naples, nous parlerons du passage du pouvoir aux Souabes. *************************************************************************************Deuxième épisode de la rubrique des #ReDiNapoli Aujourd’hui, nous parlons des Souabes et en particulier de . Sa statue sur la façade du palais royal de Naples est une œuvre d’Emanuele Caggiano. Frédéric Roger de Hohenstaufen entre à Naples car il descend par sa mère des Normands d’Hauteville. Son règne est caractérisé par un gouvernement moralisateur, les privilèges et libertés médiévales sont supprimés. Frédéric sera plusieurs fois entravé par l’Église, et il reçut même deux excommunications du pape Grégoire IX, qui le qualifiait d’Antéchrist. Frédéric réussit, en tout cas, à réaliser plusieurs œuvres dans le royaume : à Naples, il reconstruisit les murailles et augmenta les échanges, limitant le pouvoir de son représentant local, le "compalazzo", auquel il adjoignit une curie composée de cinq juges et huit notaires. Mais sa plus grande œuvre est sans doute la fondation du Studium Generale, en 1224. Il s’agit de l’université de Naples, la première université laïque d’Italie, qui prend le nom de Frédéric II. Le règne des Souabes prendra fin en 1266, avec l’arrivée des Angevins. Le passage de pouvoir sera marqué par un événement tragique, qui restera à jamais dans la mémoire des Napolitains : la décapitation, en 1268, sur la place du Marché, de Conradin de Souabe, un garçon de seulement 14 ans. Mais des Angevins, nous parlerons dans le prochain épisode de la rubrique ! À bientôt ! ***************************************************************************************Troisième épisode de la rubrique dédiée aux #ReDiNapoli ! La troisième statue sur la façade du palais royal de Naples est dédiée à , et c’est une œuvre de Tommaso Solari. Le souverain est représenté avec une expression féroce, et en effet, son caractère n’était certainement pas docile. Les Napolitains, après la mort de Frédéric II de Souabe, commencèrent à montrer des signes d’impatience envers l’empire, se rebellèrent contre les gouverneurs et Naples devint une commune libre sous la protection du pape Innocent IV. L’Église, profitant du mécontentement populaire, introduisit des couvents de franciscains et de dominicains dans la ville, et se servit justement du Français Charles d’Anjou, en 1266, pour éliminer aussi les dernières traces du pouvoir des gibelins. Cela se produisit en 1268, avec la décapitation de Conradin de Souabe sur la place du Marché. La capitale est transférée de Palerme à Naples, à l’époque angevine de nombreuses églises seront construites à Naples, comme la cathédrale, San Lorenzo, Sant’Eligio, Santa Chiara, San Domenico, et la relation des Napolitains avec la religion sera consolidée, diffusant cependant dans la population aussi la bigoterie et la superstition. Des sculpteurs comme Tino da Camaino et des peintres comme Giotto et Simone Martini viendront à Naples pour travailler dans les lieux de culte. L’architecture civile fleurit également, avec la construction du Castel Nuovo, qui devint la nouvelle résidence royale des Angevins, et du Castel Sant’Elmo. Les classes moyennes de la ville tardent à émerger. Charles accentue la composante féodale, les besoins des couches les plus basses de la population ne trouvent aucun représentant dans les hautes sphères. Le mécontentement conduira, en 1282, à la révolte des vêpres en Sicile, qui anticipera l’avènement d’une nouvelle domination, celle des Aragonais, dont nous parlerons dans le prochain épisode. Charles d’Anjou fut suivi par Charles II le Boiteux, puis par Robert d’Anjou. Ce dernier fit venir à la cour des personnalités comme Francesco Petrarca, mais la floraison des arts ne s’accompagna pas d’une grande capacité de gouvernement. Les impôts étaient trop élevés, tout comme les coûts de la politique étrangère. Le brigandage, l’Inquisition, la peste de 1348 et la confusion des années suivant la mort du roi Robert et liées aux deux Jeanne accélérèrent l’entrée des Aragonais dans la ville, qui eut lieu en 1442.***************************************************************************************Quatrième épisode de la rubrique sur les #redinapoli !La quatrième statue sur la façade du Palais Royal de Naples est dédiée au roi aragonais , dit "Le Magnanime". Il s’agit d’une œuvre d’Achille D’Orsi.Comment Alphonse d’Aragon arriva-t-il à Naples ? Sur le portail du Castel Nuovo, splendide œuvre de Pietro De Martino d’après les dessins de Francesco Laurana, est représentée l’entrée triomphale en ville d’Alphonse, transporté sur le char de la victoire. Même dans la salle des fastes aragonais, la seconde antichambre du Palais Royal, on retrouve, sur les fresques du plafond, la même scène.La réalité, cependant, est légèrement différente. Alphonse d’Aragon, après un long siège de la ville de Naples, se rendit chez une dame qui habitait dans la zone "extra moenia", une certaine "donna Ceccarella", et lui promit une rente à vie en échange d’un petit service : lui permettre d’accéder aux souterrains napolitains, en entrant par le puits du jardin. Il le fit ainsi, et déboucha, à travers les galeries de l’aqueduc, à l’intérieur des murs. Son entrée à Naples, donc, fut tout sauf triomphale, et plus semblable à celle d’un rat d’égout. Pendant le règne d’Alphonse, la politique étrangère fleurit, Naples était le centre du vaste domaine méditerranéen. La production de laine et de soie se développa. En même temps, l’art et la littérature vécurent un moment particulièrement florissant. Il suffit de penser à des personnages tels que le Panormita et Giovanni Pontano, ou comme le Pinturicchio et le Pérugin, qui travaillèrent à Naples à cette époque. La politique d’Alphonse fut cependant orientée à favoriser les barons et il élimina le siège du peuple ; de plus, le souverain était très religieux – pensez qu’il se vantait d’avoir lu la Bible en entier pas moins de quarante fois – et il rechercha une alliance dévote avec le pontife romain, également pour vaincre les Angevins et les Turcs.Le faste et le luxe des fêtes compromettaient la situation économique du royaume, et la faveur d’Alphonse continuait à pencher vers les barons et les féodaux, auxquels il accorda divers privilèges, se sentant menacé par la menace de rébellions. Les féodaux faisaient la loi dans les campagnes, agissaient avec arrogance, et cela provoquait l’indignation des marchands venus d’autres régions d’Italie qui visitaient le royaume. Le développement de la marine resta pratiquement à l’arrêt, à l’époque aragonaise. À Alphonse le Magnanime succéda Ferrante, qui chercha à gagner la confiance des Napolitains avec une politique axée sur la promotion culturelle et urbanistique de la ville, tout en étant un homme indifférent à la culture. Ferrante se consacra au développement de l’artisanat, appelant à la cour de toute l’Italie les plus grands soyeux, orfèvres et maroquiniers, et entoura Naples de vingt-deux tours cylindriques, l’assainit et améliora l’administration de la justice. Contre lui, cependant, conspirèrent les barons, qui, motivés par l’alourdissement des impôts, se réunirent dans la fameuse conjuration, en 1485. Ferrante les découvrit et les fit exécuter ou les envoya en exil en France l’année suivante.La domination aragonaise était, à cette époque, minée par les grandes puissances européennes, qui se disputaient le territoire italien. Après la mort de Ferrante, la couronne passa en quelques années à Alphonse II puis à Ferrantino, fut ensuite menacée par Charles VIII, roi de France, appartenant à la maison des Angevins, appelé en Italie par Ludovico le More. La menace française écartée, Ferrantino fut rappelé, et après lui la couronne alla encore à Frédéric III, le dernier des Aragonais, qui tenta de gouverner avec intelligence et prudence.La domination aragonaise à Naples prendra fin, cependant, en 1503, lorsque Ferdinand le Catholique conquit le royaume grâce à Don Consalvo de Cordoba, et Naples sera réduite à une province périphérique dans l’immense empire espagnol.Mais nous en parlerons dans le prochain épisode...************************************************************************************Cinquième épisode de la rubrique sur les #redinapoli ! La cinquième statue sur la façade du palais royal de Naples est dédiée à et est l’œuvre de Vincenzo Gemito. Charles hérita en 1506 du royaume de Castille et des terres du Nouveau Monde de son père Philippe de Habsbourg le Beau, archiduc d’Autriche et seigneur des Pays-Bas. Charles n’avait que six ans à l’époque, et donc le royaume sera administré par son grand-père maternel, Ferdinand le Catholique, jusqu’à sa majorité. Le 28 juin 1519, il fut élu Empereur du Saint-Empire romain germanique sous le nom de Charles Quint et en 1529, après la bataille de Pavie et le sac de Rome, il imposa la paix de Cambrai à la France et celle de Barcelone au pontife, affirmant sa domination aussi en Italie, et recevant, l’année suivante, la couronne de fer de roi d’Italie et la couronne impériale du pape Clément VII. L’empire de Charles Quint comprenait une grande partie de la péninsule italienne : Naples, Palerme, Cagliari, Milan, Gênes, Florence et les capitales des duchés padans et était basé sur une idée de paix universelle, garantie par le christianisme. Naples perd le rôle de capitale et décline à celui de province, le gouvernement est confié aux vice-rois espagnols. Le premier, et le plus important, est certainement Don Pedro de Tolède, qui régna à Naples pendant vingt ans, de 1532 à 1553. Don Pedro mit en œuvre un véritable plan urbanistique à Naples : il construisit la rue qui porte son nom, installant les troupes espagnoles dans le quartier de Montecalvario, dans ce qui fut ensuite appelé les "quartiers espagnols". Il étendit l’enceinte jusqu’au Vomero et à Chiaia, et restaura certaines des forteresses napolitaines, comme le Castel Sant’Elmo, qui prit la forme d’une étoile à six branches, la même que nous voyons aujourd’hui. À Pedro de Tolède on doit aussi l’institution du tribunal de la Vicaria, qui en dix-huit ans envoya à la potence environ dix-huit mille vauriens indigènes, et celle des Monts de Piété (organismes formés par , que le vice-roi instaure pour pallier le problème de la multitude d’usuriers juifs dans la ville. La politique envers les barons fut généralement sévère : ceux-ci avaient été réduits à de simples propriétaires terriens, et vivaient souvent de rentes, loin des fiefs, dissipant leur patrimoine dans le faste et le luxe, mais Pedro de Tolède mit en œuvre une série de pragmatiques contre eux, pour combattre les abus dans le domaine commercial et juridique. Malheureusement, cependant, la corruption régnait aussi parmi les magistrats, et donc les actions punitives des vice-rois n’avaient souvent pas d’effet. Criminalité et usure se répandirent facilement dans la ville. La politique menée par les vice-rois était beaucoup moins sévère, en outre, envers leurs propres soldats espagnols, qui instaurèrent avec la plèbe napolitaine des rapports de promiscuité, les contaminant tant des défauts espagnols – comme le langage grossier et la superstition – que des maladies. Beaucoup de termes d’origine espagnole dans le dialecte napolitain remontent justement à cette période. Couvents et églises pullulèrent, et malgré l’interdiction – à partir de 1566 – de construire hors des murs, en raison de la croissance démographique démesurée, des noyaux d’habitation se formèrent à Mergellina, aux Vergini, à Sant’Antonio Abate, à l’Avvocata et dans d’autres bourgs napolitains. Même après la mort de Pedro de Tolède, en réalité, pour Naples vint une période loin d’être florissante. Au cours du XVIIe siècle, les arts fleurirent, avec le baroque napolitain et la présence d’artistes comme Cosimo Fanzago et Michelangelo Merisi da Caravaggio à Naples, mais la plèbe vécut une situation de misère prolongée, aggravée aussi par les nombreuses épidémies de peste. GuzmánGuzmánEn 1643, par l’œuvre du vice-roi Ramiro de Guzmán, qui épousa la noble Anna Carafa, les rampes de Sant’Antonio à Posillipo, reliant la colline à la ville basse, furent rendues carrossables, justement là où se trouvait le palais Donn’Anna, construit par Cosimo Fanzago pour Anna Carafa. Quelques années plus tard, en 1647, le peuple napolitain, incité par le jeune Masaniello, se soulèvera dans une révolte populaire, à cause d’une taxe sur les fruits, donc sur un bien de première nécessité. À la révolte de Masaniello suivit la terrible peste de 1656, qui, en plus de décimer la population, fit naître, à Naples, le "culte des capuzzelle". Le XVIIIe siècle apporta la fin de la période vice-royale et introduisit la dynastie bourbonienne, qui gouverna jusqu’à l’unité de l’Italie. Avant l’arrivée des Bourbons à Naples, il y aura une parenthèse (de 1707 à 1734) de domination autrichienne, peu significative pour la ville. La suite, nous la découvrirons dans le prochain épisode... (Source : "L’histoire de Naples" d’Antonio Ghirelli)

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Aujourd'hui commence une nouvelle rubrique : les rois de Naples ! Les statues des rois de Naples se trouvent sur la façade du Palais Royal, sur la place du Plébiscite, et y furent placées par la volonté du roi Umberto Ier, en 1888. Le premier roi de Naples est Roger II le Normand, et c'est à lui, en effet, que la première statue est dédiée, œuvre d'Emilio Franceschi. Les Normands furent initialement recrutés par le duc Serge IV, en 1027, pour se libérer de la pression croissante des Lombards. Pour les récompenser, il leur donna une terre, que les Normands appelèrent "Aversa", car hostile, aussi bien à Naples qu'à Capoue. Depuis Aversa, ils s'étendirent rapidement, jusqu'à assiéger, en 1130, la ville de Naples. Il s'agit de Roger de Sicile, qui écrasa les derniers fidèles du duc Serge VIII et, neuf ans plus tard, reçut les clés de la ville. L'année Roger le Normand fut un roi sage, mais il imposa une organisation unitaire du royaume. Cela n'a pas permis à la classe bourgeoise napolitaine de devenir autonome, ni à la ville de Naples de se développer comme une commune libre. Pendant le règne des Normands furent construits le Castel dell'Ovo (résidence à l'époque de Roger le Normand) et le Castel Capuano (résidence suivante, voulue par Guillaume Ier le Normand, également pour concilier la nécessité d'une résidence avec celle d'une garnison militaire). Dans le prochain épisode consacré aux rois de Naples, nous parlerons du passage du pouvoir aux Souabes. *************************************************************************************Deuxième épisode de la rubrique des #RoisDeNaples Aujourd'hui, nous parlons des Souabes et en particulier de . Sa statue sur la façade du palais royal de Naples est une œuvre d'Emanuele Caggiano. Frédéric Roger de Hohenstaufen entre à Naples car il descend par sa mère des Normands d'Hauteville. Son règne est caractérisé par un gouvernement moralisateur, les privilèges et libertés médiévales sont supprimés. Frédéric sera plusieurs fois entravé par l'Église, et il reçut même deux excommunications du pape Grégoire IX, qui le qualifiait d'antéchrist. Frédéric réussit, en tout cas, à réaliser plusieurs œuvres dans le royaume : à Naples, il reconstruisit les murailles et augmenta les échanges, limitant le pouvoir de son représentant local, le "compalazzo", auquel il adjoignit une curie composée de cinq juges et huit notaires. Mais sa plus grande œuvre est sans aucun doute la fondation du Studium Generale, en 1224. Il s'agit de l'université de Naples, la première université laïque d'Italie, qui porte le nom de Frédéric II. Le règne des Souabes prendra fin en 1266, avec l'arrivée des Angevins. Le passage du pouvoir sera marqué par un événement tragique, qui restera à jamais dans la mémoire des Napolitains : la décapitation, en 1268, sur la place du Marché, de Conradin de Souabe, un garçon de seulement 14 ans. Mais des Angevins, nous parlerons dans le prochain épisode de la rubrique ! À bientôt ! ***************************************************************************************Troisième épisode de la rubrique dédiée aux #RoisDeNaples ! La troisième statue sur la façade du palais royal de Naples est dédiée à , et c'est une œuvre de Tommaso Solari. Le souverain est représenté avec une expression féroce, et en effet, son caractère n'était certainement pas docile. Les Napolitains, après la mort de Frédéric II de Souabe, commencèrent à montrer des signes d'impatience envers l'empire, se rebellèrent contre les gouverneurs et Naples devint une commune libre sous la protection du pape Innocent IV. L'Église, profitant du mécontentement populaire, introduisit des couvents de franciscains et de dominicains dans la ville, et se servit justement du Français Charles d'Anjou, en 1266, pour éliminer aussi les dernières traces du pouvoir des gibelins. Cela eut lieu en 1268, avec la décapitation de Conradin de Souabe sur la place du Marché. La capitale est transférée de Palerme à Naples, pendant la période angevine de nombreuses églises seront construites à Naples, comme la cathédrale, San Lorenzo, Sant'Eligio, Santa Chiara, San Domenico, et la relation des Napolitains avec la religion sera consolidée, mais en diffusant aussi dans la population la bigoterie et la superstition. Des sculpteurs comme Tino da Camaino et des peintres comme Giotto et Simone Martini viendront à Naples pour travailler dans les lieux de culte. L'architecture civile fleurit également, avec la construction du Castel Nuovo, qui devint la nouvelle résidence royale des Angevins, et du Castel Sant'Elmo. Les classes moyennes de la ville tardent à émerger. Charles accentue la composante féodale, les besoins des couches les plus basses de la population ne trouvent aucun représentant dans les hautes sphères. Le mécontentement conduira, en 1282, à la révolte des vêpres en Sicile, qui annoncera l'avènement d'une nouvelle domination, celle des Aragonais, dont nous parlerons dans le prochain épisode. Charles d'Anjou fut suivi par Charles II le Boiteux, puis par Robert d'Anjou. Ce dernier fit venir à la cour des personnalités comme Francesco Petrarca, mais la floraison des arts ne s'accompagna pas d'une grande capacité de gouvernement. Les impôts étaient trop élevés, tout comme les coûts de la politique étrangère. Le brigandage, l'Inquisition, la peste de 1348 et la confusion des années suivant la mort du roi Robert et liées aux deux Jeanne accélérèrent l'entrée des Aragonais dans la ville, qui eut lieu en 1442.***************************************************************************************Quatrième épisode de la rubrique sur les #roisdenaples !La quatrième statue sur la façade du Palais Royal à Naples est dédiée au roi aragonais , dit "Le Magnanime". Il s'agit d'une œuvre d'Achille D'Orsi.Comment Alphonse d'Aragon arriva-t-il à Naples ? Sur le portail du Castel Nuovo, splendide œuvre de Pietro De Martino d'après les dessins de Francesco Laurana, est représentée l'entrée triomphale d'Alphonse dans la ville, transporté sur le char de la victoire. Même dans la salle des fastes aragonais, la deuxième antichambre du Palais Royal, on trouve, sur les fresques du plafond, la même scène.La réalité, cependant, est légèrement différente. Alphonse d'Aragon, après un long siège de la ville de Naples, se rendit chez une dame qui habitait dans la zone "extra moenia", une certaine "donna Ceccarella", et lui promit une rente à vie en échange d'un petit service : lui permettre d'accéder aux souterrains napolitains, en entrant par le puits du jardin. Il le fit, et émergea, à travers les galeries de l'aqueduc, à l'intérieur des murs. Son entrée à Naples fut donc tout sauf triomphale, et ressemblait plutôt à celle d'un rat d'égout. Pendant le règne d'Alphonse, la politique étrangère fleurit, Naples était le centre du vaste domaine méditerranéen. La production de laine et de soie se développa. En même temps, l'art et la littérature vécurent un moment particulièrement florissant. Il suffit de penser à des personnages comme le Panormite et Giovanni Pontano, ou comme le Pinturicchio et le Pérugin, qui travaillèrent à Naples à cette époque. La politique d'Alphonse, cependant, était orientée à favoriser les barons et il élimina le siège du peuple ; en outre, le souverain était très religieux - imaginez qu'il se vantait d'avoir lu la Bible en entier pas moins de quarante fois - et il rechercha une alliance dévote avec le pontife romain, également pour vaincre les Angevins et les Turcs.Le faste et le luxe des fêtes compromettaient la situation économique du royaume, et la faveur d'Alphonse continuait à pencher vers les barons et les féodaux, auxquels il accorda divers privilèges, se sentant menacé par la menace de rébellions. Les féodaux faisaient la loi dans les campagnes, agissaient avec arrogance, et cela provoquait l'indignation des marchands venant d'autres régions d'Italie qui visitaient le royaume. Le développement de la marine resta pratiquement à l'arrêt, à l'époque aragonaise. Après Alphonse le Magnanime vint Ferrante, qui chercha à gagner la confiance des Napolitains avec une politique axée sur la promotion culturelle et urbanistique de la ville, bien qu'il fût un homme indifférent à la culture. Ferrante se consacra au développement de l'artisanat, appelant à la cour de toute l'Italie les plus grands soyeux, orfèvres et maroquiniers, et entoura Naples de vingt-deux tours cylindriques, l'assainit et améliora l'administration de la justice. Contre lui, cependant, les barons conspirèrent, motivés par l'aggravation des impôts, ils se réunirent dans la célèbre conjuration, en 1485. Ferrante les découvrit et les fit exécuter ou les envoya en exil en France l'année suivante.La domination aragonaise était, en ces années, minée par les grandes puissances européennes, qui se disputaient le territoire italien. Après la mort de Ferrante, la couronne passa en quelques années à Alphonse II puis à Ferrantino, elle fut ensuite menacée par Charles VIII, roi de France, appartenant à la maison des Angevins, appelé à l'aide en Italie par Ludovic le More. La menace française écartée, Ferrantino fut rappelé, et après lui la couronne alla encore à Frédéric III, le dernier des Aragonais, qui tenta de gouverner avec intelligence et prudence.La domination aragonaise à Naples prendra fin, cependant, en 1503, lorsque Ferdinand le Catholique conquérira le royaume grâce à Don Consalvo de Cordoba, et Naples sera réduite à une province périphérique dans l'immense empire espagnol.Mais nous parlerons de cela dans le prochain épisode...************************************************************************************Cinquième épisode de la rubrique sur les #roisdenaples ! La cinquième statue sur la façade du palais royal de Naples est dédiée à et est l'œuvre de Vincenzo Gemito. Charles hérita en 1506 du royaume de Castille et des terres du Nouveau Monde de son père Philippe de Habsbourg le Beau, archiduc d'Autriche et seigneur des Pays-Bas. Charles n'avait que six ans à l'époque, et donc le royaume sera administré par son grand-père maternel, Ferdinand le Catholique, jusqu'à sa majorité. Le 28 juin 1519, il fut élu empereur du Saint-Empire romain germanique sous le nom de Charles Quint et en 1529, après la bataille de Pavie et le sac de Rome, il imposa la paix de Cambrai à la France et celle de Barcelone au pontife, affirmant sa domination aussi en Italie, et recevant, l'année suivante, la couronne de fer de roi d'Italie et la couronne impériale du pape Clément VII. L'empire de Charles Quint comprenait une grande partie de la péninsule italienne : Naples, Palerme, Cagliari, Milan, Gênes, Florence et les capitales des duchés de la plaine du Pô et était basé sur une idée de paix universelle, garantie par le christianisme. Naples perd le rôle de capitale et décline à celui de province, le gouvernement est confié aux vice-rois espagnols. Le premier, et le plus important, est certainement Don Pedro de Tolède, qui régna à Naples pendant vingt ans, de 1532 à 1553. Don Pedro mit en œuvre un véritable plan urbanistique à Naples : il construisit la rue qui porte son nom, installant les troupes espagnoles dans le quartier de Montecalvario, dans ce qui fut ensuite appelé les "quartiers espagnols". Il étendit l'enceinte jusqu'au Vomero et à Chiaia, et restaura certaines des forteresses napolitaines, comme le Castel Sant'Elmo, qui prit la forme d'une étoile à six branches, la même que nous voyons aujourd'hui. À Pedro de Tolède, on doit aussi l'institution du tribunal de la Vicaria, qui en dix-huit ans envoya à la potence environ dix-huit mille vauriens indigènes, et celle des Monts de Piété (organismes formés par , que le vice-roi instaure pour pallier le problème de la multitude d'usuriers juifs dans la ville. La politique envers les barons fut généralement sévère : ceux-ci avaient été réduits à de simples propriétaires terriens, et vivaient souvent de rentes, loin des fiefs, dissipant leur patrimoine dans le faste et le luxe, mais Pedro de Tolède mit en œuvre une série de pragmatiques contre eux, pour combattre les abus dans le domaine commercial et juridique. Malheureusement, cependant, la corruption régnait aussi parmi les magistrats, et donc les actions punitives des vice-rois n'avaient souvent pas d'effet. Criminalité et usure se répandirent facilement dans la ville. La politique menée par les vice-rois était beaucoup moins sévère, en outre, envers leurs propres soldats espagnols, qui instaurèrent avec la plèbe napolitaine des rapports de promiscuité, les contaminant aussi bien des défauts espagnols - comme le langage grossier et la superstition - que des maladies. Beaucoup de termes d'origine espagnole dans le dialecte napolitain remontent justement à cette période. Couvents et églises pullulèrent, et malgré l'interdiction - à partir de 1566 - de construire en dehors des murs, en raison de la croissance démographique démesurée, des noyaux d'habitation se formèrent à Mergellina, aux Vergini, à Sant'Antonio Abate, à l'Avvocata et dans d'autres bourgs napolitains. Même après la mort de Pedro de Tolède, en réalité, pour Naples, une période loin d'être florissante s'ensuivit. Au cours du XVIIe siècle, les arts fleurirent, avec le baroque napolitain et la présence d'artistes comme Cosimo Fanzago et Michelangelo Merisi da Caravaggio à Naples, mais la plèbe vécut une situation de misère prolongée, aggravée aussi par les nombreuses épidémies de peste. GuzmánGuzmánEn 1643, par l'œuvre du vice-roi Ramiro de Guzmán, qui épousa la noble Anna Carafa, les rampes de Sant'Antonio à Posillipo furent rendues carrossables, reliant la colline à la ville basse, précisément là où se trouvait le palais Donn'Anna, construit par Cosimo Fanzago pour Anna Carafa. Quelques années plus tard, en 1647, le peuple napolitain, incité par le jeune Masaniello, se soulèvera dans une révolte populaire, à cause d'une taxe sur les fruits, donc sur un bien de première nécessité. À la révolte de Masaniello suivit la terrible peste de 1656, qui, en plus de décimer la population, fit naître, à Naples, le "culte des capuzzelle". Le XVIIIe siècle apporta la fin de la période vice-royale et introduisit la dynastie bourbonienne, qui régna jusqu'à l'unité de l'Italie. Avant l'arrivée des Bourbons à Naples, il y aura une parenthèse (de 1707 à 1734) de domination autrichienne, peu significative pour la ville. La suite, nous la découvrirons dans le prochain épisode... (Source : "L'histoire de Naples" d'Antonio Ghirelli)

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Aujourd'hui commence une nouvelle rubrique : les rois de Naples ! Les statues des rois de Naples se trouvent sur la façade du Palais Royal, sur la place du Plébiscite, et y furent placées par la volonté du roi Umberto Ier, en 1888. Le premier roi de Naples est Roger II le Normand, et c'est à lui qu'est dédiée la première statue, œuvre d'Emilio Franceschi. Les Normands furent initialement recrutés par le duc Serge IV, en 1027, pour se libérer de la pression croissante des Lombards. Pour les récompenser, il leur donna une terre, que les Normands appelèrent "Aversa", car elle était hostile, tant à Naples qu'à Capoue. D'Aversa, ils s'étendirent comme une tache d'huile, jusqu'à assiéger, en 1130, la ville de Naples. Il s'agit de Roger de Sicile, qui écrasa les derniers fidèles du duc Serge VIII et reçut neuf ans plus tard les clés de la ville. L'année Roger le Normand fut un roi sage, mais il imposa une organisation unitaire du royaume. Cela n'a pas permis à la classe bourgeoise napolitaine de devenir autonome, ni à la ville de Naples de se développer comme une commune libre. Sous le règne des Normands furent construits le Castel dell'Ovo (résidence à l'époque de Roger le Normand) et le Castel Capuano (résidence ultérieure, voulue par Guillaume Ier le Normand, également pour concilier la nécessité d'une résidence avec celle d'une garnison militaire). Dans le prochain épisode consacré aux rois de Naples, nous parlerons du passage du pouvoir aux Souabes. *************************************************************************************Deuxième épisode de la rubrique des #ReDiNapoli Aujourd'hui, nous parlons des Souabes et en particulier de . Sa statue sur la façade du Palais Royal de Naples est une œuvre d'Emanuele Caggiano. Frédéric Roger de Hohenstaufen entre à Naples car il descend par sa mère des Normands d'Hauteville. Son règne est caractérisé par un gouvernement moralisateur, les privilèges et libertés médiévales sont supprimés. Frédéric sera plusieurs fois entravé par l'Église, et il reçut même deux excommunications du pape Grégoire IX, qui le qualifiait d'antéchrist. Frédéric réussit, en tout cas, à réaliser plusieurs œuvres dans le royaume : à Naples, il reconstruisit les murailles et augmenta les échanges, limitant le pouvoir de son représentant local, le "compalazzo", auquel il adjoignit une curie composée de cinq juges et huit notaires. Mais sa plus grande œuvre est sans doute la fondation du Studium Generale, en 1224. Il s'agit de l'université de Naples, la première université laïque d'Italie, qui porte le nom de Frédéric II. Le règne des Souabes prendra fin en 1266, avec l'arrivée des Angevins. Le passage du pouvoir sera marqué par un événement tragique, qui restera à jamais dans la mémoire des Napolitains : la décapitation, en 1268, sur la place du Marché, de Conradin de Souabe, un garçon de seulement 14 ans. Mais des Angevins, nous parlerons dans le prochain épisode de la rubrique ! À bientôt ! ***************************************************************************************Troisième épisode de la rubrique dédiée aux #ReDiNapoli ! La troisième statue sur la façade du Palais Royal de Naples est dédiée à , et c'est une œuvre de Tommaso Solari. Le souverain est représenté avec une expression féroce, et en effet, son caractère n'était certainement pas docile. Les Napolitains, après la mort de Frédéric II de Souabe, commencèrent à montrer des signes d'impatience envers l'empire, se rebellèrent contre les gouverneurs et Naples devint une commune libre sous la protection du pape Innocent IV. L'Église, profitant du mécontentement populaire, introduisit des couvents de franciscains et de dominicains dans la ville, et se servit justement du Français Charles d'Anjou, en 1266, pour éliminer aussi les dernières traces du pouvoir des gibelins. Cela eut lieu en 1268, avec la décapitation de Conradin de Souabe sur la place du Marché. La capitale est transférée de Palerme à Naples, durant la période angevine de nombreuses églises seront construites à Naples, comme la cathédrale, San Lorenzo, Sant'Eligio, Santa Chiara, San Domenico, et la relation des Napolitains avec la religion sera consolidée, diffusant cependant aussi dans la population la bigoterie et la superstition. Des sculpteurs comme Tino da Camaino et des peintres comme Giotto et Simone Martini viendront à Naples pour travailler dans les lieux de culte. L'architecture civile fleurit également, avec la construction du Castel Nuovo, qui devint la nouvelle résidence royale des Angevins, et du Castel Sant'Elmo. Les classes moyennes de la ville tardent à émerger. Charles accentue la composante féodale, les besoins des couches les plus basses de la population ne trouvent aucun représentant dans les hautes sphères. Le mécontentement conduira, en 1282, à la révolte des Vêpres en Sicile, qui anticipera l'avènement d'une nouvelle domination, celle des Aragonais, dont nous parlerons dans le prochain épisode. Charles d'Anjou fut suivi par Charles II le Boiteux, puis par Robert d'Anjou. Ce dernier fit venir à la cour des personnalités comme Francesco Petrarca, mais la floraison des arts ne s'accompagna pas d'une grande capacité de gouvernement. Les impôts étaient trop élevés, tout comme les coûts de la politique étrangère. Le brigandage, l'Inquisition, la peste de 1348 et la confusion des années suivant la mort du roi Robert et liées aux deux Jeanne accélérèrent l'entrée des Aragonais dans la ville, qui eut lieu en 1442.***************************************************************************************Quatrième épisode de la rubrique sur les #redinapoli !La quatrième statue sur la façade du Palais Royal à Naples est dédiée au roi aragonais , dit "Le Magnanime". Il s'agit d'une œuvre d'Achille D'Orsi.Comment Alphonse d'Aragon arriva-t-il à Naples ? Sur le portail du Castel Nuovo, splendide œuvre de Pietro De Martino d'après les dessins de Francesco Laurana, est représentée l'entrée triomphale en ville d'Alphonse, transporté sur le char de la victoire. Même dans la salle des fastes aragonais, la seconde antichambre du Palais Royal, on retrouve, sur les fresques du plafond, la même scène.La réalité, cependant, est légèrement différente. Alphonse d'Aragon, après un long siège de la ville de Naples, se rendit chez une dame qui habitait dans la zone "extra moenia", une certaine "donna Ceccarella", et lui promit une rente viagère en échange d'un petit service : lui permettre d'accéder aux souterrains napolitains, en entrant par le puits du jardin. Il le fit, et déboucha, à travers les galeries de l'aqueduc, à l'intérieur des murs. Son entrée à Naples fut donc tout sauf triomphale, et plus semblable à celle d'un rat d'égout. Sous le règne d'Alphonse, la politique étrangère fleurit, Naples était le centre du vaste domaine méditerranéen. La production de laine et de soie se développa. En même temps, l'art et la littérature vécurent un moment particulièrement florissant. Il suffit de penser à des personnages comme le Panormite et Giovanni Pontano, ou comme le Pinturicchio et le Pérugin, qui travaillèrent à Naples à cette époque. La politique d'Alphonse fut cependant orientée à favoriser les barons et il élimina le siège du peuple ; de plus, le souverain était très religieux - il se vantait d'avoir lu la Bible en entier pas moins de quarante fois - et rechercha une alliance dévote avec le pontife romain, également pour vaincre les Angevins et les Turcs.Le faste et le luxe des fêtes compromettaient la situation économique du royaume, et la faveur d'Alphonse continuait à pencher vers les barons et les féodaux, auxquels il accorda divers privilèges, se sentant menacé par le risque de rébellions. Les féodaux faisaient la loi dans les campagnes, agissaient avec arrogance, et cela provoquait l'indignation des marchands venant d'autres régions d'Italie qui visitaient le royaume. Le développement de la marine resta pratiquement à l'arrêt, à l'époque aragonaise. À Alphonse le Magnanime succéda Ferrante, qui tenta de gagner la confiance des Napolitains par une politique axée sur la promotion culturelle et urbanistique de la ville, bien qu'il fût un homme indifférent à la culture. Ferrante se consacra au développement de l'artisanat, faisant venir à la cour de toute l'Italie les plus grands soyeux, orfèvres et maroquiniers, et entoura Naples de vingt-deux tours cylindriques, l'assainit et améliora l'administration de la justice. Contre lui, cependant, conspirèrent les barons, qui, motivés par l'alourdissement des impôts, se réunirent dans la fameuse conjuration, en 1485. Ferrante les découvrit et les fit exécuter ou les envoya en exil en France l'année suivante.La domination aragonaise était, en ces années, minée par les grandes puissances européennes, qui se disputaient le territoire italien. Après la mort de Ferrante, la couronne passa en quelques années à Alphonse II puis à Ferrantino, fut ensuite menacée par Charles VIII, roi de France, appartenant à la maison des Angevins, appelé en Italie par Ludovico le More. La menace française écartée, Ferrantino fut rappelé, et après lui la couronne alla encore à Frédéric III, le dernier des Aragonais, qui tenta de gouverner avec intelligence et prudence.La domination aragonaise à Naples prendra cependant fin en 1503, lorsque Ferdinand le Catholique conquit le royaume grâce à Don Consalvo de Cordoba, et Naples sera réduite à une province périphérique dans l'immense empire espagnol.Mais nous parlerons de cela dans le prochain épisode...************************************************************************************Cinquième épisode de la rubrique sur les #redinapoli ! La cinquième statue sur la façade du Palais Royal de Naples est dédiée à et est l'œuvre de Vincenzo Gemito. Charles hérita en 1506 du royaume de Castille et des terres du Nouveau Monde de son père Philippe de Habsbourg le Beau, archiduc d'Autriche et seigneur des Pays-Bas. Charles n'avait que six ans à l'époque, et donc le royaume fut administré par son grand-père maternel, Ferdinand le Catholique, jusqu'à sa majorité. Le 28 juin 1519, il fut élu empereur du Saint-Empire romain germanique sous le nom de Charles Quint et en 1529, après la bataille de Pavie et le sac de Rome, il imposa la paix de Cambrai à la France et celle de Barcelone au pontife, affirmant sa domination aussi en Italie, et recevant, l'année suivante, la couronne de fer de roi d'Italie et la couronne impériale du pape Clément VII. L'empire de Charles Quint comprenait une grande partie de la péninsule italienne : Naples, Palerme, Cagliari, Milan, Gênes, Florence et les capitales des duchés padans et était basé sur une idée de paix universelle, garantie par le christianisme. Naples perd son rôle de capitale et décline à celui de province, le gouvernement est confié aux vice-rois espagnols. Le premier, et le plus important, est certainement Don Pedro de Tolède, qui régna à Naples pendant vingt ans, de 1532 à 1553. Don Pedro mit en œuvre un véritable plan urbanistique à Naples : il construisit la rue qui porte son nom, installant les troupes espagnoles dans le quartier de Montecalvario, dans ce qui fut ensuite appelé les "quartiers espagnols". Il étendit l'enceinte jusqu'au Vomero et à Chiaia, et restaura certaines des forteresses napolitaines, comme le Castel Sant'Elmo, qui prit la forme d'une étoile à six branches, la même que nous voyons aujourd'hui. À Pedro de Tolède on doit aussi l'institution du tribunal de la Vicaria, qui en dix-huit ans envoya à la potence environ dix-huit mille vauriens indigènes, et celle des Monts de Piété (organismes formés par , que le vice-roi instaure pour pallier le problème de la multitude d'usuriers juifs dans la ville. La politique envers les barons fut généralement sévère : ils avaient été réduits à de simples propriétaires terriens, et vivaient souvent de rente, loin des fiefs, dissipant leur patrimoine dans le faste et le luxe, mais Pedro de Tolède mit en œuvre une série de pragmatiques contre eux, pour combattre les abus dans les domaines commercial et juridique. Malheureusement, cependant, la corruption régnait aussi parmi les magistrats, et donc les actions punitives des vice-rois étaient souvent inefficaces. Criminalité et usure se répandirent facilement dans la ville. La politique menée par les vice-rois était beaucoup moins sévère, en outre, envers leurs propres soldats espagnols, qui instaurèrent avec la plèbe napolitaine des rapports de promiscuité, leur transmettant tant les défauts espagnols - comme le langage grossier et la superstition - que les maladies. De nombreux termes d'origine espagnole dans le dialecte napolitain remontent justement à cette période. Couvents et églises pullulèrent, et malgré l'interdiction - à partir de 1566 - de construire en dehors des murs, en raison de la croissance démographique démesurée, des noyaux d'habitation se formèrent à Mergellina, aux Vergini, à Sant'Antonio Abate, à l'Avvocata et dans d'autres bourgs napolitains. Même après la mort de Pedro de Tolède, en réalité, pour Naples vint une période tout sauf florissante. Au cours du XVIIe siècle, les arts fleurirent, avec le baroque napolitain et la présence d'artistes comme Cosimo Fanzago et Michelangelo Merisi da Caravaggio à Naples, mais la plèbe vécut une situation de misère prolongée, aggravée aussi par les nombreuses épidémies de peste. GuzmánGuzmánEn 1643, par l'œuvre du vice-roi Ramiro de Guzmán, qui épousa la noble Anna Carafa, les rampes de Sant'Antonio à Posillipo, reliant la colline à la ville basse, furent rendues carrossables, précisément là où se trouvait le palais Donn'Anna, construit par Cosimo Fanzago pour Anna Carafa. Quelques années plus tard, en 1647, le peuple napolitain, incité par le jeune Masaniello, se soulèvera dans une révolte populaire, à cause d'une taxe sur les fruits, donc sur un bien de première nécessité. À la révolte de Masaniello suivit la terrible peste de 1656, qui, en plus de décimer la population, fit naître, à Naples, le "culte des capuzzelle". Le XVIIIe siècle apporta la fin de la période du vice-roi et introduisit la dynastie bourbonienne, qui régna jusqu'à l'unité de l'Italie. Avant l'arrivée des Bourbons à Naples, il y aura une parenthèse (de 1707 à 1734) de domination autrichienne, peu significative pour la ville. La suite, nous la découvrirons dans le prochain épisode... (Source : "La storia di Napoli" d'Antonio Ghirelli)

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